C’est en application du message-fax N°000107/MF/MINDDEVEL/SG/DSL/SDSLB du 1er /04/2022, relatif au lancement de l’opération spéciale de délivrance des Actes de naissance aux camerounais qui n’en disposent pas, que le Préfet du Département de la Menoua a présidé la cérémonie du lancement de sa tournée de sensibilisation des populations de Dschang dans la salle des fêtes du bâtiment annexe de la Commune de Dschang ce jeudi 14 avril 2022. Les personnalités et responsables conviés à cette rencontre étaient le Sous-préfet de l’arrondissement de Dschang, le Maire de la Commune de Dschang, les Délégués Départementaux des DDES-DDEB-DDDDEVEL, le Chef de district de santé de Dschang, l’inspecteur d’Arrondissement du MINEDUB, les Chefs de groupements et traditionnels du 3ème degré, les Officiers et Secrétaires d’état-civil ainsi que les acteurs de la société civile. Présidant la cérémonie qui a débuté à 14h, le N°1 du Département de la Menoua dans son propos liminaire a d’abord rappelé que : « l’établissement des actes de naissance et de tout acte d’état-civil doit être la procédure la plus simple ». Poursuivant, Il va aussi attirer l’attention des personnes concernées des risques et tous les préjudices auxquels l’on s’expose lorsqu’on fait recourt à l’établissement des faux actes de naissance. La vaste campagne qui se met en place est initiée par le ministère de la décentralisation et du développement local et elle vise à donner la possibilité à tous les camerounais n’ayant pas d’acte de naissance à se faire établir le précieux sésame dans le strict respect de la législation. Cette opération concerne les personnes nées à la période allant du 1er janvier 1960 au 31 janvier 2022. Tirant la sonnette d’alarme, le Préfet va inviter les différents responsables de l’opération et particulièrement les chefs de groupements et villages à travailler au recensement dans leurs villages, dans les établissements scolaires avec sérénité, transparence et d’objectivité. La commune quant à elle mettra sur pied des équipes qui effectueront des descentes de terrain afin de se joindre aux chefs des quartiers et villages qui auraient déjà établi au préalable un recensement des populations vivants sans acte ou avec un faux acte. Les Documents à fournir au cours de cette opération de recensement seront constitués d’une photocopie de la CNI du parent demandeur (pour l’enfant) ; des photocopies des CNI de deux témoins ; la photocopie de la CNI du demandeur (adulte) et la photocopie de l’acte de mariage (éventuellement). Aux parents qui se détournent souvent de l’établissement de l’acte de l’enfant dans les délais et dans la légalité, il va dire ceci : « de la même façon que la venue de votre enfant au monde vous a donné la joie, soyez animé par la même joie de lui faire établir son acte de naissance non seulement dans les délais recommandés, mais aussi dans la légalité dans les centres d’état-civil réglementaire ».

Profitant de l’occasion de ce rassemblement de tous les acteurs de la chaine d’établissement des actes d’état-civil dans son territoire communal, le maire Jacquis Kemleu va tout d’abord dénoncer à l’autorité de tutelle, l’attitude des certains chefs de centres d’état-civil secondaires du fait du non dépôt des rapports de travail en fin d’année et le fait de s’adonner couramment à l’établissement des faux actes. Il va rappeler en même temps à la tutelle qu’une série de formation est en cours de programmation pour les 13 agents communaux qui avaient prêtés serment le 13 janvier dernier au tribunal de Dschang en qualité de secrétaire d’état-civil de la Commune de Dschang. Également, la campagne qui avait été lancée au mois d’avril 2021 avec le concours des tribunaux de Dschang à l’effet d’établir des actes de naissances à toutes les personnes vulnérables (particulièrement les déplacés internes de la crise du NOSO) vivants dans le territoire de la Commune de Dschang. Ainsi des statistiques montrent que : « Au cours de cette dernière opération nous avons reçu 420 demandes, 260 sont déjà opérationnalisées, 150 actes de naissances déjà établis et remis aux demandeurs, 110 sont en cours d’établissements et 160 sont encore au niveau de la justice pour l’organisation des prochaines audiences foraines » va-t-il ajouté avant d’annoncer ‘extension de la formation dans les centres secondaires de sa commune.

Au demeurant, pour faciliter la tâche sur le terrain de l’opération, le ministère porteur du projet (MINDDEVEL) a mis sur pied des modèles de fiches de recensement qui ont été remis aux responsables et personnalités concernées. L’opération ainsi lancée, place au travail pour tous les maillons concernés après une série de questions auxquelles le préfet de la Menoua a apporté des clarifications pour faciliter la compréhension et le déploiement sur le terrain. Au Cameroun, l’acte de naissance est le premier document civil de tout individu qui établit l’existence légale d’une personne. Un acte de naissance (tout comme la carte nationale d’identité) est nécessaire pour pouvoir inscrire un enfant à l’école, se déplacer librement dans le pays, voter, engager des procédures juridiques, postuler à un emploi et exercer de nombreuses autres activités essentielles de la vie. Avoir un acte de naissance donne droit à la jouissance de nombreux droits civils, politiques, sociaux, économiques et culturels. L’acte de naissance est le document par excellence qui facilite l’établissement de tous les autres documents de citoyenneté tels que la carte nationale d’identité, la carte électorale et éventuellement un élément fondamental du droit de l’homme à une nationalité. La législation camerounaise prévoit trois étapes administratives principales pour obtenir un acte à travers les trois scénarios ci-après. Il s’agit tout d’abord de l’enregistrement d’une naissance dans un délai de 0 à 90 jours ; ensuite de l’établissement de naissance pour un bébé entre 3 et 6 mois et enfin l’établissement d’un acte de naissance pour un enfant de plus de 6 mois ou pour un adulte.

D. TSAPGOU