Conformément au décret n° 72/DF/11O du 28 février 1972 fixant les dispositions communes applicables aux agents de l’État relevant du Code du Travail, notamment en son article 20, la commission paritaire d’avancement des agents de la Commune de Dschang a siégé le mardi 13 juillet 2021. Cette assise qui est de l’avis du Chef de l’Exécutif Municipal, « un important moment dans la vie d’un travailleur », intervient pour boucler la première phase d’un chantier qui a commencé le jeudi 18 février 2021 par les travaux d’une équipe mixte départementale qui a tablé sur la situation des 76 hommes et femmes qui jusqu’à cette date gardaient le statut d’agent temporaire à la Commune de Dschang; avec, la plupart qui ont été engagés à des âges très avancés ne pouvant plus leur permettre par exemple d’accéder aux avantages qu’offre la Caisse Nationale pour la Prévoyance Sociale (CNPS). En convoquant la commission paritaire d’avancement, l’Exécutif Municipal a voulu en finir avec l’injustice qui depuis des années sévit dans le traitement des dossiers et le suivi de la carrière des agents qui se battent tous les jours pour assurer l’implémentation de la vision qu’il porte.
Conformément à l’arrêté n° 1684/MFP/DR/SDE/LR du Ministre de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative fixant la composition, les attributions et les modalités de fonctionnement de la commission paritaire d’avancement des agents de l’Etat relevant du code du Travail, Jacquis Gabriel Kemleu Tchabgou a convié dans la salle des Actes de la Mairie de Dschang le mardi 13 juillet 2021, Ghislain Ngniwet, Délégué départemental du travail et de la sécurité sociale, Minette Chacha Djiogo Epse Poudeu, représentante de l’administration, Yannick Nanseu, Délégué départemental du MINDDEVEL, François Kenfack, Secrétaire Général de la Commune de Dschang et Olivier Tachegui, Chef Service des Affaires Générales de la Commune de Dschang. Coté délégués du personnel, il y avait Norbert Tilefack, Bernadette Makeguim et Jean-réal Tsopgny pour le premier collège des délégués du personnel; Calvin Roger Tsague et Yollande Ndemguia Epse kana pour le 2ème collège. Il y avait aussi pour l’exercice Céline Fetazoh Tsofack Epse Ngouné, responsable du Bureau des ressources humaines et Viviane Yota Chiozem Epse Tadonkeng pour assurer le secrétariat.
Dans son mot introductif des travaux, et pour justifier cette séance de travail, le Maire de la Commune de Dschang a rappelé que le souci et la volonté de tout agent engagé dans une institution comme celle qu’il dirige est de progresser et que les difficultés que traversent aujourd’hui les communes du fait de la pandémie de la Covid-19 ne devraient pas être l’objet d’un quelconque frein de la carrière d’un employé. Pour lui, au-delà du caractère automatique que revêt l’exercice du jour sur la carrière des agents communaux, il, vise à « récompenser tous ceux qui se sont montrés décisifs » dans l’accomplissement des tâches à eux confiées. Aussi, « les sectoriels sont conviés à ces travaux pour encadrer ce que la Commune fait, pour veiller au respect de la réglementation, toutes choses qui préviennent les injustices qui auraient pu émailler le traitement de certains dossiers. Si dans les mêmes conditions, l’on a accordé des avantages à X, il faut que Y ait les mêmes avantages », a ajouté Jacquis Kemleu pour montrer l’équité qui doit en tout temps exister dans l’exercice du jour.
C’est en toute franchise et liberté que les échanges entre les différents membres de cette commission ont pu conduire à la lumière faite sur plusieurs dossiers. Pour pallier à l’avenir certains problèmes rencontrés le 13 juillet 2021 et faciliter l’exercice, la Commune de Dschang devra faire un peu plus d’efforts notamment dans la tenue des dossiers de son personnel, un engagement qu’a pris le Maire Jacquis Kemleu qui a dit devoir en faire le nécessaire.
𝗔𝘂-𝗱𝗲𝗹à 𝗱𝗲 𝗹’𝗮𝘃𝗮𝗻𝗰𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲𝘀 𝗮𝗴𝗲𝗻𝘁𝘀 𝗰𝗼𝗺𝗺𝘂𝗻𝗮𝘂𝘅, 𝗹’é𝗾𝘂𝗶𝗽𝗲 𝗱𝘂 𝗠𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗞𝗲𝗺𝗹𝗲𝘂 𝗮 𝗿é𝘀𝗼𝗹𝘂 𝘂𝗻 𝗽𝗿𝗼𝗯𝗹è𝗺𝗲 𝗾𝘂𝗶 𝗳𝗮𝗶𝘁 𝗽𝗲𝘂𝗿 𝗮𝘂𝘅 𝗺𝗮𝗴𝗶𝘀𝘁𝗿𝗮𝘁𝘀 𝗺𝘂𝗻𝗶𝗰𝗶𝗽𝗮𝘂𝘅
Lors de la concertation du jeudi 18 février 2021 sus évoquée, le personnel temporaire via leurs représentants et le collectif de leurs délégués a été convié par le Maire Kemleu à une entente avec l’administration communale pour solder une situation qui n’a que trop duré et qui, avec le temps fragilise la Commune de Dschang. La préservation de l’équilibre budgétaire au moment où l’exécutif Municipal a besoin de certains profils pour implémenter ses politiques de développement est impérieuse. Aussi, reconstituer 15 ans de carrière et même plus pour plusieurs agents temporaires avec l’incidence budgétaire que cela implique, s’avère impossible pour la Commune de Dschang aujourd’hui, d’où l’appel aux concessions et au dédommagement de ces agents temporaires qui étaient pour la plupart illégalement retenus depuis plus de 10 ans par la Commune de Dschang.
Le problème que Jacquis Kemleu Tchabgou et son équipe ont ainsi froidement affronté est d’une sensibilité à nulle autre pareille tant il faut concilier la logique démocratique et les critères de bonne gestion. C’est à dire considérer la commune comme organisation faisant dans le social, gérée par des hommes politiques et comme collectivité devant prendre en main le destin des populations locales. La deuxième considération implique qu’elle doit se doter des ressources humaines conséquentes pour une administration efficiente, opérationnelle et capable de satisfaire les besoins locaux et parfois vitaux. Face à cette situation que partagent malheureusement les communes camerounaises, très peu de maires se prononcent. Ici, « il faut gérer, mais préserver son électorat », disent-ils. Or parler de bonne gouvernance recommande que la question des compétences de ceux qui en ont la responsabilité ne serait-ce qu’au niveau du pilotage et de la mise en œuvre des politiques publiques soit prise au sérieux. En d’autres termes, peut-on aujourd’hui dire que les personnels employés par les communes camerounaises sont « les ressources humaines » ? difficile d’y répondre par l’affirmatif et Jean Marie Peretti dans son ouvrage classique « la gestion des ressources humaines » estime conséquemment que « Parler des ressources humaines, ce n’est pas considérer que les hommes sont des ressources mais que les hommes ont des ressources ». L’actuel Maire de Dschang a compris qu’il fallait froidement s’attaquer à cette situation qui continue d’endetter et d’enfoncer les communes camerounaises. Et il l’a fait. Pour Jacquis Kemleu Tchabgou, il faut créer la rupture avec les anciennes pratiques qui ont par le passé, doté la Commune de Dschang entre autres de plus de 130 agents temporaires aux profils variés mais pas toujours à la hauteur des « défis » à relever. Il a permis d’asseoir les bases d’un bon management des ressources humaines, pardon, des hommes et des femmes qui doivent avoir des ressources, gage de développement local visé. En d’autres termes, l’atteinte des objectifs de développement dévolus aux communes dépendra en partie du bon management de leurs personnels ; Or, le management des ressources humaines tel que pratiqué dans les collectivités aujourd’hui ne répond pas aux normes de gestion d’une administration tournée résolument vers le développement, une politique qui malheureusement ne peut avoir une influence positive sur le bien-être des populations locales.
CDB