Viland Roxy TEMFACK TASSEMO a été nommé par arrêté du Maire Jacquis Gabriel Kemleu Tchabgou, le 18 octobre 2021 pour s’occuper de la production et du monitoring carbone à l’AMGED. Ce jeune de 23 ans, ingénieur sorti de la Faculté d’Agronomie et de Sciences Agricoles (FASA) de l’Université de Dschang a été présenté à ses collaborateur des deux plateformes de compostage des ordures ménagères de Ngui et de Siteu par Jerry Landry Toukam,3ème adjoint au Maire au cours d’une tournée guidée par Pascal Aimé Mboukouko, Directeur de l’Agence Municipale de Gestion des Déchets.
Le compost que produit la Commune de Dschang sur ses deux plateformes de compostage des ordures ménagères a ceci de particulier qu’il est issu d’un processus biologique qui améliore la séquestration de carbone dans les sols qui l’absorbent. Des études scientifiques confirment cela et mentionnent aussi une meilleure aération des sols par ce terreau et une biodiversité renforcée.
Dschang fait partie des villes bénéficiaires du savoir-faire et de l’action des organisations Gevalor(Aujourd’hui Great) et GoodPlanet qui se sont associés dans le cadre du projet Africompost. Un savoir-faire acquis sur une opération de compostage dans la ville de Mahajanga à Madagascar. Pour bénéficier annuellement du crédit carbone, conséquence financière de l’initiative développée à Dschang depuis une dizaine d’année, la Commune de Dschang et son allié stratégique Era-Cameroun monitorent au quotidien le processus de compostage qui se fait à Ngui et à Siteu, une compétence prévue pour au fil des ans revenir à l’institution communale pour son autonomie. C’est pour veiller à cette évolution et à cette appropriation que le Maire Jacquis Gabriel Kemleu Tchabgou a, le 18 octobre 2021 signé un arrêté désignant Monsieur TASSEMO TEMFACK Roxy Viland responsable par intérim de la production et Monitoring carbone à l’AMGED.
Cet ingénieur de conception âgé de 23 ans sorti de la Faculté d’Agronomie et des Sciences Agricoles (FASA) de l’Université de Dschang, suivra l’ensemble des activités relatives à la production du compost sur les deux plateformes et dans les compostières communautaires développées par l’AMGED sur l’ensemble du département de la Menoua. Une responsabilité qui passe par des taches essentielles dont l’encadrement de l’équipe de production ; l’optimisation du fonctionnement des plateformes de compostage et l’organisation des sensibilisations dans les écoles. Un ensemble d’activités avec des détails tous aussi stratégiques qui conditionnent les financements carbones dont Dschang bénéficie depuis quelques années pour assurer une gestion satisfaisante de ses ordures ménagères
CDB
𝗕𝗢𝗡 À 𝗦𝗔𝗩𝗢𝗜𝗥
Compostage et finance carbone
L’impact des déchets sur le changement climatique est important et du même niveau que celui de l’aviation civile, c’est-à-dire environ 4 % du total. Cet impact provient de la production de méthane générée par les fractions organiques des ordures ménagères qui se décomposent en conditions anaérobies, dans les décharges telles que celles existant dans la plupart des pays en développement. Or l’équivalence officielle MDP (sous forme de CO2eq : 1 tonne de méthane  21 tonnes de CO2eq), calculée pour un horizon à 100 ans, est très sous-évaluée si l’horizon considéré est à 30 ou 40 ans, ce qui correspond aux « années critiques » avec risque d’emballement du réchauffement. Ce facteur d’équivalence atteint alors 80. La réduction du méthane doit donc être une priorité si on veut limiter à brève échéance le changement climatique. Le compostage, en permettant la décomposition aérobie de la fraction organique des ordures ménagères, supprime les émissions de méthane. En outre, ce procédé de transformation, s’il reste très faiblement mécanisé, comme dans les projets soutenus par Gevalor et GoodPlanet, consomme très peu d’énergie et émet par conséquent très peu de CO2. Les réductions d’émission de gaz à effet de serre qui en résultent sont importantes.
La vente de ces réductions d’émission sur le marché de la compensation carbone peut ainsi participer à la prise en charge du coût de la gestion des déchets par une collectivité. L’additionnalité de la finance carbone doit cependant être démontrée : ces financements ne sont possibles que s’il est préalablement démontré que l’unité de compostage ne peut être rentable sans cet apport complémentaire. C’est en général le cas pour les projets de compostage, car les ventes de compost, réalisées à des prix abordables pour les agriculteurs locaux, ne peuvent y suffire.
Outre leur contribution à la lutte contre le réchauffement climatique, les projets de compostage génèrent des impacts positifs importants en termes d’emploi et de développement de l’agriculture. Pourtant, les projets de compostage restent marginaux en nombre de dossiers enregistrés auprès des différents standards d’accès à la finance carbone : la majorité des projets liés aux déchets sont des dossiers de captage de gaz sur les décharges (PETERSON, 2009). En effet, les conditions de montage d’opérations de compostage sont relativement nombreuses et délicates à réunir (ROGGER et alii, 2011) : une étude de faisabilité rigoureuse est nécessaire et cet article en présente la méthode.
Source : Déchets sciences et techniques – 2012 – N°62, Novembre 2012