Invitée par la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit GmBh(GIZ), la Commune de Dschang participera du 27 au 28 avril 2021 à un atelier organisé dans le cadre du Programme d’Appui au Développement Communal initié par la Coopération Germano-Camerounaise. L’atelier qui aura pour cadre l’hôtel Micotel d’Edéa porte sur la restitution des résultats de l’étude réalisée sur les modèles de gestion des infrastructures en eau potable et marchandes dans la région du Littoral. La GIZ souhaite avoir la Commune de Dschang à ce rendez-vous pour sa longue et riche expérience incarnée aujourd’hui par l’Agence Municipale de l’Eau et de l’Énergie. C’est d’ailleurs Georges Modeste Mekui, directeur de cet établissement public communal qui fera le déplacement, ainsi en a décidé le Maire Jacquis Gabriel Kemleu Tchabgou. La sollicitation de la Commune de Dschang intervient quelques semaines seulement après l’audience accordée par l’édile de Dschang à Rico LANGEHEINE, Directeur de la GIZ. L’on a encore en mémoire les félicitations que ce diplomate avait formulées à l’endroit du Maire Kemleu à la suite du long et intéressant exposé qu’il avait fait ce jour, pour non seulement présenter sa Commune mais aussi décliner la vision qu’incarne les hommes de la mandature des défis et surtout les prouesses d’une ville qui sait d’innover dans la gestion des compétences à elle transférées, notamment l’accès à l’eau potable.
𝑳’𝑬𝑿𝑷É𝑹𝑰𝑬𝑵𝑪𝑬 𝑫𝑬 𝑫𝑺𝑪𝑯𝑨𝑵𝑮 𝑨 𝑷𝑨𝑹𝑻𝑨𝑮𝑬𝑹
Sur le territoire communal de Dschang aujourd’hui, aucun ouvrage d’accès à l’eau potable n’est ouvert au public sans qu’au préalable, une unité locale ne soit mise en place pour sa gestion. C’est une approche adoptée par l’institution communale après plusieurs échecs enregistrés notamment à la suite de la mise en œuvre du projet « Eau et Assainissement » dont la première phase a été cofinancée en 2008 par la ville de Nantes, Nantes Métropole, l’AELB et l’Association Internationale des Maires Francophones (AIMF) pour un montant de 315.000 euros soit près de 200.000.000 de francs CFA.
Pour implémenter cette volonté politique qui assoit une gestion durable et un fonctionnement pérenne des ouvrages hydrauliques dans la Commune de Dschang, un établissement public communal a été créé en 2011 en application de la loi n° 99016 du 22 décembre 1999 fixant le statut général des établissements publics et des entreprises du secteur abrogée par celle n°2017/010 du 12 juillet 2017.
La solution trouvée à Dschang et qui fait l’unanimité de tous consiste à impliquer les populations cibles et bénéficiaires dans la gestion quotidienne des ouvrages réalisés. Cette implication se traduit sur le terrain par la création et l’animation des comités locaux de gestion autour de chaque point d’eau aménagé par la Commune et ses partenaires. L’AMEE travaille à former les membres de ces comités afin qu’ils puissent intervenir sur les réseaux qu’ils sont appelés à gérer en cas d’incidents, elle tient chaque mois pour permettre à ceux-ci de mutualiser leurs expériences, des réunions de concertation et d’évaluation des activités. Participent également à ces réunions, les entrepreneurs commis pour la réalisation des ouvrages et les populations bénéficiaires. Il s’agit en outre des séances de travail au cours desquelles les entreprises sont appréciées par les populations qui vivent au jour le jour la mise en œuvre des projets affectés dans leurs quartiers ou villages, une pratique qui encourage le contrôle citoyen de l’action publique.
𝑫𝑺𝑪𝑯𝑨𝑵𝑮 : 𝑼𝑵𝑬 𝑬𝑿𝑷É𝑹𝑰𝑬𝑵𝑪𝑬 𝑹𝑬𝑪𝑶𝑵𝑵𝑼𝑬, 𝑫𝑬𝑺 𝑳𝑨𝑼𝑹𝑰𝑬𝑹𝑺 𝑬𝑻 𝑷𝑳𝑼𝑺𝑰𝑬𝑼𝑹𝑺 𝑨𝑼𝑻𝑹𝑬𝑺 𝑹É𝑪𝑶𝑴𝑷𝑬𝑵𝑺𝑬𝑺 À 𝑳𝑨 𝑪𝑳É
De nos jours, l’Agence Municipale de l’Eau et de l’Energie de la Commune de Dschang, c’est :
• Plus de 40 comités locaux de gestion des points d’eau créés et formés ;
• plus de 20 mini-réseaux d’AEP créés et/ou réhabilités ;
• des puits et et forages réhabilités ;
• des sources aménagées ;
• Une micro-centrale hydroélectrique réhabilitée et fonctionnelle ; deux autres en cours de construction
• des toilettes publiques fonctionnelles ;
• une cinquantaine de comités d’hygiène créés dans les écoles ;
• des artisans réparateurs formés pour le fonctionnement des comités de gestion.
Un ensemble d’éléments assis sur une gouvernance partagée qui ont donné à Dschang le 2ème Prix FEICOM des meilleurs pratiques communales en 2016 et le financement la même année par l’Union Européenne du programme Intercommunal de Gestion durable de l’Eau et l’Assainissement (PIGeDEA) mis en œuvre sur 5 communes reparties dans 3 régions du Cameroun.
𝑳’𝑨𝑴𝑬𝑬 : 𝑼𝑵 É𝑻𝑨𝑩𝑳𝑰𝑺𝑺𝑬𝑴𝑬𝑵𝑻 𝑸𝑼𝑰 𝑻𝑰𝑬𝑵𝑻 𝑺𝑶𝑵 𝑪𝑯𝑨𝑹𝑴𝑬 𝑫𝑬 𝑳𝑨 𝑮É𝑶𝑴𝑶𝑹𝑷𝑯𝑶𝑳𝑶𝑮𝑰𝑬 𝑫𝑼 𝑻𝑬𝑹𝑹𝑰𝑻𝑶𝑰𝑹𝑬 𝑬𝑻 𝑫’𝑼𝑵 𝑬𝑿É𝑪𝑼𝑻𝑰𝑭 𝑨𝑴𝑩𝑰𝑻𝑰𝑬𝑼𝑿 𝑬𝑻 𝑭𝑶𝑵𝑪𝑬𝑼𝑹
L’Agence Municipale de l’Eau et de l’Energie tient son charme de la géomorphologie de la Commune de Dschang qui lui offre un potentiel énorme tant sur le plan énergétique que sur le plan hydrologique. Sur les collines, de l’eau est captée, stockée dans de volumineux réservoirs et redistribuée gravitairement aux usagers.
Avec le faible taux de desserte par la CAMWATER au centre-ville de Dschang, les populations avaient déjà commencé à tendre la main à l’Agence Municipale de l’Eau qui était limitée dans son action. Le centre-ville étant d’après les textes en vigueur au Cameroun, la zone de compétence du concessionnaire national qui y a connecté les ménages même si ceux ne reçoivent le précieux liquide que sporadiquement.
Dans les rues cependant, ces populations qui ne reçoivent l’eau potable qu’une à deux fois par semaine n’ont pas attendu pour développer des critiques vis-à-vis de ces contraintes qui leur privent l’accès à ce précieux sésame. « Je suis sûr que si l’AMEE avait la compétence d’exercer partout, le problème d’accès à l’eau potable se poserait avec moins d’acuité ici à Dschang, on risque même tous d’aller vivre au village où ce problème ne se pose plus » réagit un étudiant stagiaire à l’AMEE.
C’était sans compter sur l’arrivée à la tête de l’institution communale d’une équipe prête à tout pour l’amélioration des conditions de vie de ses populations. Pour le Maire Jacquis Gabriel Kemleu Tchabgou, la Commune de Dschang doit pouvoir « donner de l’eau partout où il n’y en a pas », idem pour l’électricité. C’est ainsi que dès l’arrivée de son équipe, une campagne a été rapidement maturée pour améliorer l’offre en eau potable au centre-urbain. Cette campagne se déploie dans sa première phase à travers la construction en cours de 8 forages en eau profonde à la suite des études géophysiques, hydrogéologiques et topographiques réalisées. Le plus faible de ces ouvrages débite 4000 litres d’eau par heure après plus de 100m de fouille en vue d’atteindre la nappe phréatique. La Commune est actuellement en phase de mobilisation des fonds pour financer les ouvrages de stockage et de redistribution du précieux liquide.
C’est donc une institution au savoir-faire remarquable que Georges Modeste Mekui représentera à Edéa du 27 au 28 avril 2021.
CDB