Le Maire de Dschang qui préside par ailleurs le Secrétariat Général de l’Association des Raffineurs des Oléagineux du Cameroun était face à une cinquantaine de journalistes des médias nationaux et internationaux le jeudi 10 juin 2021, pour une conférence de presse au cours de laquelle il s’est longuement exprimé au sujet de la prétendue pénurie en huiles végétales raffinées, en savon de ménage et en margarine au Cameroun. Des fausses informations que propage une certaine presse depuis un moment. La rencontre qui a eu lieu dans ses bureaux situés au quartier Mbandoumou à Yaoundé a également permis à celui qui dirige la Commune de Dschang de rassurer les consommateurs Camerounais quant au combat que mène l’ASROC pour leur protection avec le concours de la brigade nationale de répression de fraudes du Ministère du Commerce. Pour l’exercice, il avait à ses côtés, Dr NKOULOU ADA Emmanuel Paul, Président du Comite de Régulation de la filière des oléagineux au Ministère du Commerce.
Il est ressorti des propos liminaires de Jacquis Kemleu que le ralentissement des approvisionnements réalisés par les industries de la 2ème transformation auprès de celles de la 1ère transformation, est dû à l’insuffisance de la production nationale. L’huile de palme brute est selon lui, la sous-filière la plus touchée. Et les efforts se doivent d’être faits pour relever la production nationale. Il a fait savoir que globalement, « la Filière des Oléagineux fait face à un déficit structurel de la matière 1ère essentielle qu’est l’huile de palme brute de l’ordre de 160 000 T, ce qui justifie des importations annuelles de cette denrée de l’ordre de 100 000 T. Pour lui, les importations actuellement en cours dans cette filière ne sont qu’une mesure conjoncturelle qui est appliquée dans l’attente du relèvement de la production nationale d’huile de palme brute.
Actuellement, les industriels Camerounais cristallisent une demande annuelle qui est de l’ordre de 1 391 220 tonnes contre 1 179 252 tonnes pour les récentes années, toute chose qui témoigne de la bonne santé de la filière à leur niveau. Pour justifier cette maturité, les chiffres avancés par Jacquis Gabriel Kemleu Tchabgou au cours de cette conférence montrent que « ce segment de la Filière représente dans son ensemble des investissements de plus de 450 milliards de Francs CFA et génère directement environ 9 130 emplois qui vont être revus à la hausse par des nouvelles usines qui sont entrain de progressivement entrer en production ».
Face à la production nationale qui n’est que de 400 000 tonnes par an, les importations sont inévitables. Le Secrétaire Général de l’ASROC pense qu’ « Il faut éviter la pénurie des produits finis que sont l’huile de palme raffinée et probablement avec le temps le savon de ménage, tout comme le risque de l’inflation qui pourrait en découler, au détriment malheureusement des consommateurs ». L’Association des Raffineurs des Oléagineux du Cameroun, s’est en tout cas engagée auprès du Ministre du Commerce à consommer la totalité de la production 2021 des agro-industriels et à n’importer que la quantité manquante. L’appel est donc officiellement lancé à l’attention des promoteurs des industries pour de nouveaux investissements dans la filière de production d’huile de palme brute.
Pour sa part, Dr NKOULOU ADA Emmanuel Paul, Président du Comité de Régulation de la filière des oléagineux au Ministère du Commerce a été suffisamment clair : [La primauté de l’offre de l’huile de palme brute est réservée à la production nationale. Les importations ne devant être alors qu’une mesure exceptionnelle. Cette prescription va dans le sens de la promotion du « made in Cameroon »].
L’État du Cameroun a été implicitement interpellé au cours de cette conférence. C’est que, Jacquis Kemleu pense que maintenir « la compétitivité sur le marché local des entreprises de cette Filière et par voie de conséquence, la préservation des milliers d’emplois directs et indirects de la profession, le maintien des recettes au niveau de la fiscalité intérieure, le respect des engagements pris avec le Gouvernement de la République, dans le cadre de la lutte contre la vie chère, qui oblige la Filière concernée à maintenir inchangé le prix de cession de ses produits finis aux consommateurs, commande aujourd’hui le rejet de toute demande d’importation d’huile végétale raffinée et de dérogation à la réglementation actuellement applicable ». Bien plus, le Maire de Dschang a rappelé pour la gouverne de l’opinion que « les industriels de la deuxième transformation obtiennent annuellement du Gouvernement depuis quelques années, une autorisation d’importation de l’ordre 100 000 tonnes d’huile de palme brute, pour gérer le déficit structurel de cette matière première, et éviter toute pénurie éventuelle et l’inflation qui pourrait en découler et sauver les emplois ».
Se penchant toujours sur la question des importations des huiles végétales raffinées pour laquelle il mène un combat sans merci au Cameroun depuis des années, Jacquis Kemleu a évoqué le patriotisme économique dont les industriels qu’il représente font preuve au quotidien. Ils ont en effet accepté de baisser leur marge bénéficiaire pour rendre leurs produits accessibles aux consommateurs afin de contribuer à la lutte contre la vie chère. Ils ont à cet effet, en maintenu inchangé le prix de vente des huiles raffinées et des savons de ménage et de toilette, ceci malgré l’augmentation de leurs charges d’exploitation et le relèvement du prix de la matière première.
Il a été aussi entendu que la Filière des oléagineux a connu des difficultés relativement à ses exportations de savon qui permettent au Cameroun d’engranger des devises en vue de la réduction du déficit de sa balance commerciale. Ces difficultés ont été « levées et d’autres en voie sous l’action du Ministre des Finances », a rappelé le SG de l’ASROC.
Jacquis Kemleu a en outre annoncé l’accélération de l’opérationnalisation du Centre Technique Agroalimentaire du Cameroun (CTA-CAM) dont il est le Président du Comité d’Orientation. Rappelons que le CTA-CAM a été créé le 22 novembre 2016 avec l’appui du Gouvernement et de ses partenaires au développement que sont l’Union Européenne et l’Organisation des nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI), et a officiellement été lancé à Douala le 13 juillet 2017.
CDB